Vertus et limites de la démocratie participative

           

Cahier 74/2 de la revue Archives de Philosophie

  "Vertus et limites de la démocratie participative"          

Bernard Reber

"Introduction"  

Charles Girard

"La démocratie doit-elle être délibérative ?"   Résumé : La délibération publique entre citoyens doit-elle être le fondement de la légitimité proprement démocratique des décisions politiques ? Cet article analyse les arguments avancés en ce sens par les premiers écrits sur la démocratie délibérative. Si la délibération individuelle est requise par la recherche de l’autonomie personnelle et de la satisfaction de l’intérêt particulier, la délibération collective n’est quant à elle une condition ni nécessaire ni suffisante pour atteindre l’autonomie politique et le bien commun. Elle seule permet toutefois de poursuivre ces fins en égaux.  

Alice Le Goff

"Démocratie délibérative, contestation et mouvements sociaux. L'idée d'un « activisme délibératif » et ses implications"   Résumé : Le statut du conflit au sein des théories délibérative a été au cœur de débats qui ont eu tendance à se structurer autour d'une opposition figée entre démocratie délibérative et démocratie agonistique. Notre objectif est d’affirmer les limites d’une telle opposition et la nécessité de ne plus poser les débats dans ces termes. Il s'agira donc d'interroger les modes d'articulation possible entre politique délibérative et politique contestataire en revenant sur les débats récemment développés autour de l'idée d'un "activisme délibératif". Ce texte vise ainsi à montrer en quoi une telle notion peut avoir une fonction critique en suggérant les pistes d’une révision du modèle délibératif et de son statut.  

Jürg Steiner

"Raison et émotion dans la délibération"   Résumé : Dans la formulation classique habermassienne du modèle délibératif, les arguments doivent être justifiés d’une façon rationnelle, reliant logiquement des raisons à des conclusions. Sur la base de données empiriques, il est montré que les histoires personnelles ont également un rôle à jouer pour une bonne délibération, créant l’empathie à l’égard des besoins des autres. Plus généralement, les émotions ne devraient pas être exclues de la délibération.  

Emmanuel Picavet

"Délibération et communication entre les institutions à propos de la répartition des pouvoirs"   Résumé : Cet article est consacré aux relations inter-institutionnelles et à la manière dont elles traduisent des principes généraux. Dans ce type de contexte, la communication et la délibération prennent en charge des tâches interprétatives ainsi que des opérations d’élaboration de compromis. Cela est illustré par l’exemple de l’allocation du pouvoir lorsque des principes généraux d’arrière-plan sont de nature à favoriser des migrations d’autorité. On examine ensuite le concept de marges de manoeuvre institutionnelles.  

Bernard Reber

"Argumenter et délibérer entre éthique et politique"   Résumé : Si elle est souvent requise par les théoriciens de la démocratie délibérative, la norme argumentative y est sous-déterminée au regard des théories de l’argumentation. Cet article déploie diverses composantes d’un argument et renvoie dos-à-dos ceux qui jouent contre elle la narration et ceux qui l’exigent sans la définir autrement que de façon minimaliste. Explorant plusieurs causes de la délibération (conflits, incertitudes, modalités), il desserre l’étau de la philosophie politique (Habermas, Rawls) sur la philosophie morale et le pluralisme des théories éthiques. Il propose une division du travail argumentatif favorisé institutionnellement pour ne pas risquer de vider de son sens la théorie de la démocratie délibérative.                                                  

 

       
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