Quelle justice sociale à l’heure de la transition énergétique ?

Quelle justice sociale à l’heure de la transition énergétique ? Un défi pour l’Europe

Colloque International du 10 au 12 Septembre 2014 à Paris

 

Contexte

« Transition énergétique » : depuis quelques années l’expression fait florès en Europe  (e.g. L’Energiewende en Allemagne, le débat national sur la transition énergétique  en France) et ailleurs, comme la réponse au double défi posé par le réchauffement  climatique et par les pics énergétiques.

Mais, derrière un quasi-consensus sur la nécessité d’une telle transition, demeure  l’idée que, face à l’urgence immédiate de l’emploi et du remboursement des dettes,  il vaut mieux profiter de ‘l’aubaine’ des gaz de schistes, attendre d’en savoir plus sur  les risques climatiques et travailler à ce que le nucléaire devienne une technologie  intrinsèquement sûre. Dans un contexte de crise économique et financière, les gouvernements ne désirent pas faire peser des charges supplémentaires sur des ménages  et des entreprises déjà fragilisés. Ce constat vaut à la fois pour les pays « développés »  et pour les pays « émergents » qui redoutent de voir freiner leur sortie de la pauvreté.  Pourtant, l’inaction n’empêchera pas l’avènement d’inégalités sociales plus grandes  encore : en attestent la montée de la précarité énergétique en Europe comme les  revendications d’accès aux ressources naturelles portées par les plus marginalisés  dans les pays du Sud. Le contexte dans lequel s’inscrit la transition énergétique –  celui d’une crise écologique – questionne nos principes de justice sociale.

D’une part, les enjeux énergétiques mettent en relief des inégalités existantes, au sein des pays (en termes de mobilité, de logement…) comme entre pays – certains  consommant aux dépens d’autres qui en subiront les conséquences – et entre générations présentes et futures.

D’autre part, les politiques envisagées dans un but de financement, de maîtrise  ou de réduction de la demande d’énergie ont des impacts sociaux qui, sans une  attention accrue, risquent d’exacerber des inégalités déjà présentes ou de créer de  nouvelles poches de pauvreté.

Ce colloque se structure donc autour de cette conviction : la réflexion d’un projet  de transition énergétique viable suppose de comprendre les problèmes de justice  sociale qu’elle soulève. L’enjeu est de dépasser les discussions technicistes actuelles  sur la transition énergétique et de mettre en débat les questions de justice sociale  sous-jacentes.

Programme

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Inscription

Frais d’entrée :

Professionnel : 500€ (au titre de la formation continue)

Individuel : 30€ Étudiants – chômeurs : 10€

Les frais d’entrée couvrent la publication des actes, le matériel du colloque, les rafraichissements et collations.

Appel à communications

  « Transition énergétique » : depuis quelques années l’expression fait florès en Europe (e.g. L’Energiewende en Allemagne, le débat national sur la transition énergétique en France) et ailleurs, comme la réponse au double défi posé par le réchauffement climatique et par les pics énergétiques1.   Mais, derrière un quasi-consensus sur la nécessité d’une telle transition, demeure l’idée que, face à l’urgence immédiate de l’emploi et du remboursement des dettes, il vaut mieux profiter de ‘l’aubaine’ des gaz de schistes, attendre d’en savoir plus sur les risques climatiques et travailler à ce que le nucléaire devienne une technologie intrinsèquement sûre. Dans un contexte de crise économique et financière, les gouvernements ne désirent pas faire peser des charges supplémentaires sur des ménages et des entreprises déjà fragilisés. Ce constat vaut à la fois pour les pays « développés » et pour les pays « émergents » qui redoutent de voir freiner leur sortie de la pauvreté. Pourtant, l’inaction n’empêchera pas l’avènement d’inégalités sociales plus grandes encore : en attestent la montée de la précarité énergétique en Europe comme les revendications d’accès aux ressources naturelles portées par les plus marginalisés dans les pays du Sud. Le contexte dans lequel s’inscrit la transition énergétique – celui d’une crise écologique – questionne nos principes de justice sociale. D’une part, les enjeux énergétiques mettent en relief des inégalités existantes, au sein des pays (en termes de mobilité, de logement…) comme entre pays – certains consommant aux dépens d’autres qui en subissent les conséquences – et entre générations présentes et futures. D’autre part, les politiques envisagées dans un but de financement, de maîtrise ou de réduction de la demande d’énergie ont des impacts sociaux qui, sans une attention accrue, risquent d’exacerber des inégalités déjà présentes ou de créer de nouvelles poches de pauvreté.

Ce colloque se structure donc autour de cette conviction : la réflexion d’un projet de transition énergétique viable suppose de comprendre les problèmes de justice sociale qu’elle soulève. L’enjeu est de dépasser les discussions technicistes actuelles sur la transition énergétique et de mettre en débat les questions de justice sociale sous-jacentes.   Comment articuler - en théorie et en pratique - la lutte contre les inégalités et l’impératif de transition énergétique ? Comment encadrer les tarifications et la fiscalité de sorte qu’elles stimulent des économies d’énergie sans pour autant exacerber les risques de polarisation sociale? Comment les acteurs européens, nationaux et régionaux sont-ils en mesure de prévenir des situations de précarité énergétique qui dépendent aussi des conditions géopolitiques d’accès ? Comment penser une dimension internationale de la justice qui ne se réduise pas à une question de ‘partage des efforts’, mais passe par une vision positive des inflexions que doit prendre la dynamique de mondialisation pour être vraiment soutenable ?

Ce colloque débouchera sur une réflexion autour de questions transversales importantes pour l’action collective et les projets de société. Peut-on imaginer une culture et un mode de développement moins énergivores ?  Quelles méthodes pour mettre en débat les controverses autour des initiatives à prendre, les risques pris et les problèmes de justice sociale ? Comment nos choix énergétiques remodèlent la démocratie ?

Les questions mentionnées ci-dessus seront déclinées lors de divers ateliers et des sessions plénières. Elles n’appellent pas à des réponses univoques étant donné les différents contextes dans lesquels elles peuvent s’inscrire. Nous encourageons les communications qui reformuleront ces thématiques sous l’angle de la justice sociale.  

Ateliers* et sessions plénières

Journée 2 :

Quand l’énergie exacerbe les inégalités

-Atelier 1 :Logement et Habitat

-Atelier 2 :Transport et Aménagement du territoire

-Atelier 3 :Alimentation et production énergétique

-Plénière 1 : Mutations sociales et sociétales

 

Les choix politiques à l’épreuve de la justice sociale

-Atelier 4 :Métiers, emplois et formations de la transition énergétique

-Atelier 5 :Tarification et fiscalité énergétique

-Atelier 6 :Mix énergétique, risques et contre-risques

Plénière 2 : Constructions démocratiques

Journée 3 :

Un nouveau système à inventer

-Atelier 7 :Financement de la transition énergétique   -Atelier 8 :Marchés énergétiques et formation des prix   -Atelier 9 :Dynamiques nationales de transition énergétique et politique communautaire de l’énergie : conflits et complémentarités.  

Après-midi :

Plénière 3 : Dimensions internationales des enjeux de justice et rôle de l’Europe

Conclusions : Vers un nouveau modèle ?

 

 

 

 

 * Les ateliers ci-dessus sont ouverts à contribution. Retrouver l’ensemble du programme (susceptible de modifications) sur le site du colloque.

Retrouver toutes ces informations sur le site du colloque : http://www.ceras-projet.org/transition/

  • 1. L'Agence Internationale de l'Énergie reconnaissait (dans son rapport de 2010) que le pic du pétrole conventionnel avait été atteint en 2006 et que les tensions autour de l’énergie ne cesseraient de s’aggraver devant la montée de la demande des pays émergents. Alors que d’autres ressources sont concernées par cette dynamique de déplétion, comme le gaz naturel, il serait préférable de ne pas en extraire certaines au regard d’un impératif climatique, notamment le charbon.