Le profane en politique. Compétences et engagements du citoyen

          FROMENTIN Thomas et WOJCIK Stéphanie (eds) (2008), Le profane en politique. Compétences et engagements du citoyen, Paris, L’Harmattan / Logiques Politiques.               Présentation : La « parole profane », la « compétence du profane », « l’expert et le profane » sont des expressions qui ont récemment fait leur apparition dans le champ des sciences sociales. Les institutions publiques, les organisations politico-administratives, les médias s’ouvrent, de plus en plus fréquemment, aux « profanes » désignés formellement sous les vocables d’usagers, d’habitants, de citoyens. Sollicitée par les acteurs habituels du débat public, cette expression des « profanes » peut-elle être appréhendée comme une démocratisation des institutions ou ne constitue-t-elle qu’un avatar supplémentaire de la domination politique ? Sur quels registres argumentatifs, savoirs ou expertises, les « profanes » s’appuient-ils face aux professionnels de la politique et aux experts ? Quels effets ces prises de parole ont-elles sur la décision publique ? Cet ouvrage collectif s’interroge sur les transformations contemporaines de la démocratie, liées notamment à la multiplication de dispositifs participatifs, témoignant d’une certaine reconnaissance des compétences que peuvent mobiliser les citoyens lorsqu’ils s’expriment sur la conduite des affaires publiques. Assiste-t-on, alors, à la naissance d’espaces publics éclatés où s’épanouiraient de nouveaux modes de légitimation politique et qui configureraient de nouveaux modes de production de la décision publique ? Une quinzaine de chercheurs, en provenance d’horizons disciplinaires variés (science politique, sociologie, droit, histoire…), livre ici leurs analyses de ces nouveaux modes de prise de parole citoyenne et de leurs effets en terme de déplacement des frontières traditionnelles entre le savoir et l’ignorance en politique.  

 

Sommaire EYMERI-DOUZANS Jean-Michel, « Préface » FROMENTIN Thomas et WOJCIK Stéphanie, « Préambule – Sacré et profane, figures intangibles de la représentation politique ? », pp.13-35. BLONDIAUX Loïc, « Introduction générale – Le profane comme concept et comme fiction politique. Du vocabulaire des sciences sociales aux dispositifs participatifs contemporains : les avatars d’une notion », pp.37-51.   LEFÉBURE Pierre, « Intérêt et limites de la notion de "profane" à travers l’analyse des débats télévisés intégrant des citoyens anonymes », pp.53-77. MARTY Thomas et SCHWARTZ Antoine, « À bonne distance. Activités intellectuelles, expériences politiques et figures de l’électeur profane (fin 19éme – début 20éme siècle) », pp.79-105. FERRANDO y PUIG Judith, « "Profane toi-même !" : Construction et déconstruction de la légitimité de l’expression des profanes dans deux dispositifs participatifs », pp.107-131. PÉLICAND Antoine, « Rapprocher la justice : les ambiguïtés du recours au profane », pp.133-157. TALPIN Julien, « Mobiliser un savoir d’usage. Démocratisation de l’espace public et confinement de la compétence civique au sein de dispositifs de budget participatif », pp.159-183. TOPÇU Sezin, « Tensions liées aux rhétoriques du "profane" : le cas du nucléaire », pp.185-209. HAJEK Isabelle, « Du débat social au débat public : mobilisation citoyenne autour de la mise en place d’une politique de gestion des déchets ménagers. Le cas de Marseille et des Bouches-du-Rhône », pp.211-235. CUNY Cécile, « Figures et savoirs du "profane" dans un secteur de grands ensembles de l’est de Berlin », pp.237-261. ROZIER Sabine, « La participation des citoyens à des projets d’intérêt public. Enquête sur le programme culturel d’une fondation », pp.263-287. GAXIE Daniel, « Conclusion générale – Les profanes en politique : réflexions sur les usages d’une analogie », pp.289-301.