La participation au prisme de l’histoire

Participations. Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté

organise, dans le cadre du séminaire du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS-IMM), une rencontre-débat sur le thème de son n° 2/2012, à l'occasion de sa parution :

La participation au prisme de l’histoire

 jeudi 25 octobre de 14h30 à 17h à l’EHESS
  Paula Cossart, maître de conférences en sociologie à l’Université Lille III et membre de l’Institut Universitaire de France, et Julien Talpin, chargé de recherche en science politique au CNRS, débattront avec les contributeurs du numéro de la pertinence d’une comparaison des pratiques délibératives à travers le temps et l’espace.  

Intervenants :

  • Paul Cary, sociologue, Université Lille 3, CeRIES ;
  • Alain Chatriot, historien, CNRS, CRH ;
  • Claire Lemercier, historienne, CNRS, Sciences Po-CSO ;
  • Emmanuel Taïeb, politiste, Sciences Po Grenoble, PACTE
EHESS Bâtiment Le France 190-198 Avenue de France 75013 Paris Métro Quai de la gare (ligne 6) Salle 640 au 6è étage  

Présentation du n°

On assiste depuis une vingtaine d’années à la multiplication de discours politiques et savants sur les vertus de la démocratie participative ou délibérative.

En parallèle, s’institutionnalisent des dispositifs pouvant être rassemblés autour de leur ambition d’intensifier ou élargir la participation des citoyens par la discussion collective d’enjeux publics. Ceux-ci sont souvent perçus comme un remède nouvellement formulé en réponse à la crise que connaît le gouvernement représentatif.

Si on ne parlait pas encore de démocratie participative ou délibérative, on peut pourtant déjà trouver dans le passé des discours et expériences valorisant un échange public et raisonné d’arguments des citoyens orienté vers la recherche d’un relatif consensus autour du bien commun. C’est à ces discours et expériences que ce numéro s’intéresse. Que sont-ils devenus ? Qui en étaient les promoteurs ?

L’objectif de ce numéro de Participationsest de mettre au jour les points communs entre les questions soulevées par les arènes de délibération du passé et celles de l’heure actuelle. Nous y défendons les vertus d’un anachronisme contrôlé (N. Loraux), permettant d’interroger les expériences du passé sous un nouveau jour – à partir de questions contemporaines – et de mieux comprendre les dynamiques présentes à l’aune de leur historicité.

Coordinateurs du numéro

  • Paula Cossart, Maître de conférences en sociologie, Université Lille 3, CeRIES, Membre de l’Institut Universitaire de France.
  • Julien Talpin, Chargé de recherches CNRS en science politique, CERAPS, Lille 2.
  • William Keith, Professeur de communication, Université du Wisconsin Milwaukee (USA).

Sommaire

DOSSIER

Paula Cossart, Julien Talpin, William Keith, « Introduction. Comparer les pratiques délibératives à travers les époques : une aberration historique ? »,

Noémie Villacèque, « Chahut et délibération. De la souveraineté populaire dans l’Athènes classique »,

Dominique Hiebel, « Délibération et participation sous la République romaine : une oligarchie parée d’atours démocratiques »,

Frédéric Graber, « Entre commodité et consentement. Des enquêtes publiques au XVIIIe siècle »,

Samuel Hayat, « Participation, discussion et représentation : l’expérience clubiste de 1848 »,

Satoru Aonuma, « Tradition rhétorique et transition démocratique. Histoire de l’art oratoire et de ses publics dans le Japon du début de l’ère moderne » (traduit de l’anglais par Xavier Blandin),

Paula Cossart, William Keith, « Former des citoyens par la délibération publique : une entreprise fragile (États-Unis et France,1870-1940) »,

Bernard Manin, « Postface : Pour une histoire des pratiques délibératives ». Entretien conduit par Paula Cossart et Julien Talpin

LECTURE CRITIQUE

Romain Badouard, « Faire participer. Un enjeu de légitimité pour l’Union européenne (à propos de l’ouvrage d’Erik O. Eriksen, The Unfinished Democratization of Europe) »,

VARIA

Michael Schudson, « La conversation n’est pas l’âme de la démocratie » (traduit de l’anglais par Charles Girard)