L’insoutenable légèreté climatique de la participation

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Appel à articles ____________________

« L’insoutenable légèreté climatique de la participation » Ouvrage collectif sous la direction de Stéphane La Branche
Chercheur-enseignant associé à Pacte Titulaire de la Chaire Planète, Énergie Climat, IEP de Grenoble Membre du GIEC-IPCC      PROBLEMATIQUE Le développement durable et participatif (DDP) est devenu depuis une quinzaine d’années une contrainte qui structure notre façon de concevoir le développement et la gouvernance. Cette notion fait le pari à la fois théorique et pratique que la meilleure façon d’atteindre la durabilité environnementale est d’inclure les citoyens dans le processus de prise de décision. Mais depuis une dizaine d’année, une nouvelle problématique a émergé en force ; le changement climatique (CC). En matière de CC, si les négociations internationales fixent pour leurs signataires des objectifs globaux, communs et différenciés, la responsabilité finale des actions interpelle l’individu et le local une problématique structurée par le DDP, dans lequel la participation dans le sens large du terme est un impératif structurant. Les instances décisionnelles à tous les niveaux insèrent les gouvernances climatique et énergétique dans le DDP : le pari est que les procédures de concertation, l’information et la conscientisation se traduiraient en valeurs individuelles et en comportements. Pourtant, le chemin entre information et actions – voire, vers un changement profond de nos modes de vie- est long et semé d’embuches comportementales, idéologiques, sociales et psychologiques, qui peuvent freiner le passage entre la participation et efforts de lutte contre le CC. Entre, autrement dit, le DDP et la gouvernance climatique et énergétique. Ces différents obstacles s’inscrivent dans un phénomène plus large de dépendance au sentier carboné de notre civilisation, qui structure et limite nos efforts de changements. Le décalage entre la conscience climatique et les pratiques est donc fondé sur un entrecroisement de facteurs et de dynamiques complexes qui demeurent à explorer. Les études sur les tensions entre participation dans le sens large du terme (incluant économique, c'est-à-dire la consommation) et protection de l’environnement sont trop rares pour permettre de tirer des leçons généralisables sur les phénomènes de résistances, de blocages, de non recours ou de refus aux mesures, aux actions et aux politiques climatiques et à leurs différents enjeux : consommation, déplacements, énergie, bien être, confort, habitat, loisirs, travail, développement… C’est dans ce cadre que s’inscrit cet appel à publication.   QUESTION PRINCIPALE L’enjeu principal, à la fois théorique et empirique, de ce collectif est celui du lien entre démocratie participative et gouvernances climatique et énergétique. La lutte contre le CC ne fait-elle pas face à des obstacles liés à l’impératif participatif dans le sens large du terme, obstacles qui pourraient signer son échec ou du moins, ralentir son processus et diminuer son efficacité ?   LES THEMES A EXPLORER Les textes viseront à répondre à cette problématique générale en abordant, sans s’y limiter, les enjeux suivants :
  • Les implications du refus et réticences des populations à modifier (suffisamment) leurs comportements, pour atteindre des objectifs de réduction et d’adaptation ;
  • Les interactions théoriques entre la participation et les gouvernances climatique et énergétique ;
  • La réalité de ces interactions dans des projets concrets ;
  • Le rôle des habitudes, des comportements, des valeurs dans les tensions entre participation et gouvernance climatique ;
  • L’effet rebond…
  Les thématiques transversales suivantes sont particulièrement recherchées :
  • Le rôle joué par les inégalités écologiques, la pauvreté, les capacités différenciées  des acteurs dans la lutte contre le CC et dans l’adaptation et la préparation à ses impacts ;
  • Les conditions de succès et d’échec de la participation pour l’atténuation et l’adaptation au CC et les gouvernances climatique et énergétique ;
  • La correspondance institutionnelle (« institutional fit ») entre les capacités, la structure ou l’identité d’une institution et ses objectifs climatiques ;
  •  Le sentier de la dépendance…
TOUS les ‘objets’ de recherche liés au CC sont les bienvenus : habitat ; transport ; énergie ; développement ; énergies renouvelables ; objectifs de développement du millénaire de l’ONU…   Les textes pourront être théoriques et/ou empiriques mais une préférence sera accordée aux textes offrant les deux et ce, avec des analyses de cas français, étrangers, institutionnels, projets, enjeux locaux ou internationaux... A éviter : les textes qui mettent de l’avant que la participation fonctionnent nécessairement ou automatiquement en direction d’une gouvernance climatique et énergétique efficace puisqu’il s’agit de problématiser ce présupposé et d’en faire une analyse.   Le directeur de l’ouvrage collectif, S. La Branche, est chercheur associé au laboratoire CNRS Pacte, Grenoble, et coordonnateur de la Chaire « Planète, Energie, Climat » de l’Institut d’études politiques de Grenoble. Il est également membre du GIEC-IPCC. Ses études portent sur les obstacles, les freins et les réticences aux changements vers une société post carbone dans différents domaines : déplacements, entreprises, énergies renouvelables, habitat… Votre proposition de texte (3 pages) lui sera envoyée avant le 30 AVRIL 2011.   Vous pouvez le contacter à : stephane.labranche@iep-grenoble.fr     Le collectif sera publié sous l’égide de la Chaire « Planète, Energie, Climat » de l’IEP de Grenoble.
participation changement climatique gouvernance