L'aménagement en politique, ou ce que le syndrome NIMBY nous dit de l'intérêt général

          JOBERT Arthur (1998), "L'aménagement en politique, ou ce que le syndrome NIMBY nous dit de l'intérêt général",Politix, n°11/42, pp.67-92.     Résumé :   L'implantation d'infrastructures suscite de nombreuses controverses. Face à "l'intérêt général" défini par les aménageurs, les opposants locaux affirment d'autres logiques. Celles-ci ne sont pas réductibles à l'expression d'égoïsmes locaux (syndrome NIMBY) ; elles sont au contraire significatives d'un déplacement de frontières entre intérêts particuliers et intérêt général. Un nouveau modèle d'aménagement, plus sensible à la territorialité des enjeux, semble ainsi émerger.       Plan de l'article :    L'analyse en terme de "syndrome NIMBY". Le symptôme d'une crise Logiques de l'intérêt et de la disqualification La crise de l'aménagement et des aménageurs L'émergence d'un nouveau modèle d'aménagement De l'implicite à l'explicite: l'idée de compensation L'officialisation du troc "nuisances contre compensations" Les espaces naturels protégés comme "stock" Le bruit et la fixation d'une norme compensatoire La compensation forme limitée de politisation L'émergence d'un droit au "débat public" La territorialité des enjeux Territorialité et proximité: les deux faces de la politisation de l'aménagement       Abstract :   Political Planning. What the NIMBY Syndrom Tells us about General Interest   Facilities sitting arouses many controversies. Public interest, as defined by planners, is faced with local oppositions arguing from other points of view. These oppositions can't be discredited as local selfishness (NIMBY syndrom). On the contrary, these resistances mean that the boundaries between private and public interests are shifting. Thus, a new planning model, more conscious of the territoriality of issues, seems to be put on the agenda.