Dire, penser et pratiquer la participation

Le Dictionnaire critique et interdisciplinaire des mots de la participation

 

 Un programme de recherche

Deux constats majeurs sont à la base de la vaste entreprise éditoriale qu’est le premier Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation. D’une part, la conjoncture historique actuelle marquée par des formes renouvelées de mobilisation et de participation oblige les théoriciens et les praticiens de la participation à se mettre en résonance avec des phénomènes tels que le mouvement Occupy, les Indignés, les révolutions arabes, le parti Pirate allemand, etc. Ces pratiques de mobilisation politique citoyenne à différentes échelles non seulement ont reconfiguré l’espace politique, mais elles ont également produit de nouveaux mots pour appréhender le monde et rempli d’un sens inédit les anciens mots du politique. D’autre part, l’état de la recherche dans le domaine de la participation du public en démocratie semble être dépourvu d’une approche systématique des mots en usage dans le domaine. C’est-à-dire qu’il n’existe pas à l’heure actuelle un travail entièrement consacré à l’analyse des mots de la participation et de leur usage. Si la rhétorique participative est un sujet beaucoup traité, surtout dans les travaux dédiés aux nouvelles formes de participation et de démocratie, la question des mots dont se nourrissent les acteurs et les théoriciens de la participation reste considérablement négligée.

Ce projet a donc pour objectif de « recenser » les mots à travers lesquels l’on définit, l’on pratique et l’on théorise la participation. Il ne vise pas à faire surgir un langage commun, mais plutôt à proposer une analyse de la participation par une entrée inédite : celle des mots qui donnent consistance à ce domaine.

Face à ces constats, le projet éditorial d’un dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation constitue une forme de réflexion et un outil d’analyse puisqu’il vise à explorer les usages, à ouvrir des pistes et à proposer des critiques. D’autre part, il ouvre la voie à un programme de recherche qui peut aller bien au-delà du projet éditorial en lui-même.

 Un projet éditorial

Depuis bientôt deux ans, un comité de suivi issu du Conseil scientifique du GIS D&P et une coordinatrice éditoriale et scientifique travaillent à la conception et la mise en place du DICO pour proposer un projet original de dictionnaire en ligne, avec une structure articulée en cinq familles d’entrées - Acteurs, Théories, Notions, Dispositifs, Opposés Approches - regroupant au départ environ 210 entrées. Plus de 150 auteurs ont été mobilisés et ont accepté de contribuer. Presque toutes les disciplines des sciences sociales sont ainsi représentées : la sociologie, l’anthropologie, la science politique, la géographie, la philosophie politique, l’urbanisme et l’aménagement, l’histoire, l’architecture, etc. De la même façon, la diversité de l’origine géographique, de l’appartenance générationnelle et du rattachement institutionnel et professionnel des auteurs représente une source de pluralité d’approches, de styles et de points de vue dont bénéficie le Dictionnaire.

Un espace internet dédié est prévu pour héberger le Dictionnaire. Il sera bientôt disponible sur le site du GIS.

 Un espace participatif

Le projet est bien celui d’un dictionnaire scientifique et pas simplement d’un wiki. Les notices seront donc signées par leurs auteurs. Pour profiter pleinement des potentialités d’un dictionnaire en ligne, des commentaires seront ouverts sur ces notices, selon des règles précises permettant d’ouvrir le débat scientifique. Pour certaines entrées dont l’acception diffère notablement entre diverses disciplines, plusieurs auteurs ont d’emblée été sollicités. Le choix d’un dictionnaire en ligne, qui aura son propre ISBN (International Standard Book Number) et un DOI (Digital Object identifier), répond à une double volonté. D’un côté, il s’agit de ne pas figer le travail sur les mots de la participation une fois pour toute, mais de le rendre évolutif dans son contenu pour rendre compte des transformations du domaine. Tout usager et lecteur pourra, non seulement laisser des commentaires, mais surtout proposer des définitions, des entrées et des nouveaux parcours de lecture et d’organisation du Dictionnaire. De l’autre côté, le dictionnaire en ligne se veut un outil de mise en partage et d’accessibilité à des contenus, mis à disposition aussi bien des chercheurs que des praticiens et professionnels.

>>>Visiter le site du DICO