Après la Convention citoyenne sur la fin de vie

Colloque « Après la Convention citoyenne sur la fin de vie. 

Bilan et retour critique sur les expériences délibératives françaises »

Colloque Paris 8 / CRESPPA-CSU

Organisation : Chloé Santoro et Vincent Farnea

15-16 mars 2024, CNRS site Pouchet, Paris 17e

Présentation

À l’issue de la deuxième convention citoyenne française, la Convention citoyenne sur la fin de vie (CCFV, 2022-2023), ce colloque réunira les chercheurs et chercheuses observatrices de la Convention, et des citoyens et citoyennes tirées au sort pour participer à ce dispositif délibératif national, afin qu’ils puissent croiser leurs perspectives sur cet objet politique encore mal identifié. Conçue comme un point d’étape nécessaire dans le processus d’innovation institutionnelle en cours, cette rencontre vise à faire un premier bilan critique de la CCFV, avec pour horizon une réflexion élargie sur la participation citoyenne et son articulation aux institutions existantes.

Les chercheurs présenteront aux conventionnels leurs observations, analyses et hypothèses sur le dispositif, tel qu’il a été déployé par le CESE entre décembre 2022 et avril 2023. Certains observateurs de la Convention citoyenne pour le climat (CCC, 2019-2020) apporteront des points de comparaison et un recul utiles, notamment sur les suites et la réception de cette première expérience. La particularité notable de ce colloque sera de compter des conventionnels de la CCFV parmi les répondants et dans les temps de discussion faisant suite aux interventions des chercheurs ; une table ronde permettra également d’inverser les rôles et d’interroger les conventionnels sur leur expérience et sur leurs propres analyses.

Si toute institution conserve une dimension événementielle irréductible, la nouveauté de l’objet « convention citoyenne » et la part d’improvisation, encore importante à ce stade, exacerbent sa dimension expérimentale et le pouvoir d’orientation de l’événement dans sa singularité. Que s’est-il passé dans cette convention citoyenne, qui puisse éclairer et enrichir la réflexion sur ce nouveau dispositif ? Quelles surprises a-t-elle réservées aux observateurs, quelles perspectives a-t-elle pu ouvrir pour la suite, quels espoirs a-t-elle déçus ? Comment ont joué les choix formels de l’organisation sur le déroulement effectif de la convention, son rythme, son orientation thématique et ses résultats ? L’observation directe, l’évaluation de ces aspects par les conventionnels dans les questionnaires et les entretiens menés par la suite serviront à construire une critique du dispositif en tant que structure, c’est-à-dire comme la rencontre entre des élaborations théoriques antérieures, une histoire des pratiques délibératives, une (ou des) culture(s) politique(s) et la somme de choix immédiats et concrets.

Le pari qui sous-tend cette rencontre est qu’il est aujourd’hui possible et nécessaire de sortir d’une approche purement internaliste et procéduraliste, qui tendrait à étudier un dispositif délibératif comme un système abstrait ou comme un monde clos sur lui-même, pour le considérer au contraire à la fois dans son historicité et dans sa « territorialité », c’est-à-dire dans la multiplicité de ses interactions et de ses liens d’interdépendance avec un milieu. Cette inscription paraît en effet au moins aussi déterminante que la forme spécifique, le fonctionnement interne et les objectifs propres d’une innovation institutionnelle dans son éventuelle capacité à favoriser le changement social – une question nécessairement centrale à l’horizon des processus de normalisation et d’institutionnalisation en cours et à venir.

Programme

Résumés des interventions