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Comment les élus étouffent les mobilisations dans les quartiers populaires

Une répression à bas bruit. Comment les élus étouffent les mobilisations dans les quartiers populaires

Signalons cette analyse de Julien Talpin sur l’expérience de la table de quartier du Pile, à Roubaix, parue le 22 février 2016, sur le site de la revue Métropolitiques :

par Julien Talpin

 
À partir de l’étude d’une table de quartier à Roubaix, cet article revient sur la façon discrète mais efficace avec laquelle les institutions, et en particulier les élus municipaux, tentent de contrecarrer l’organisation collective d’habitants mobilisés autour d’un projet de rénovation urbaine. Alors que les quartiers populaires sont souvent qualifiés de déserts politiques, cette expérience montre qu’il n’en est rien, mais que tout est fait pour empêcher la structuration de contre-pouvoirs à l’échelle locale.
 

La sociologie de l’action collective s’est fortement intéressée aux formes de répression dont sont l’objet les mouvements sociaux, en particulier par les forces de l’ordre (Della Porta et Fillieule 2006 ; Combes et Fillieule 2011). Si la répression peut prendre des tournures dramatiques, à l’image de la mort de Rémi Fraisse à Sivens en 2014 ou des condamnations judiciaires visant des militants syndicaux à Goodyear récemment, des tactiques moins visibles sont mises en œuvre quotidiennement par les élus, les institutions et les pouvoirs locaux pour empêcher la constitution de contre-pouvoirs, voire de toute forme de contestation. Entre les pratiques très fréquentes de cooptation et de clientélisme et la répression violente se dessine une multitude de formes plus diffuses d’étouffement des mobilisations qui contraignent très fortement l’activité des mouvements sociaux et des associations.

À partir de l’exemple d’une table de quartier dans la ville de Roubaix (Nord), cet article donne à voir les tactiques mises en œuvre par les élus pour empêcher la constitution d’un collectif soudé d’habitants face à un projet de rénovation urbaine qui s’impose à eux. En dépit d’un discours très participatif, la municipalité n’a eu de cesse d’empêcher et d’enrayer l’émergence d’un tel collectif. Malgré cette répression à bas bruit, la table de quartier est parvenue, par des stratégies de mobilisation intensive et un rapport de force constant, à obtenir des avancées substantielles.

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