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Au nom de quoi ? Légitimités ordinaires et légitimités politiques au cœur de la participation

 
 
 
 
 
HATZFELD Hélène (2011), "Au nom de quoi ? Légitimités ordinaires et légitimités politiques au cœur de la participation", communication à la Journée d'études sur les effets de la participation, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris, 21 octobre 2011.

 



 

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 Résumé de l'article

 
Ma communication concerne les effets de la participation sur les représentations de la démocratie et les transformations de la légitimité politique. Elle s'appuie notamment sur une enquête menée dans le cadre d'un processus de concertation (Les légitimités ordinaires Au nom de quoi devrions-nous nous taire ?, L'Harmattan-Adels, 2011).
La légitimité est ici entendue, dans la lignée d'Hannah Arendt, de Boltanski et Thévenot, comme un droit reconnu à un individu (ou un groupe) d'agir et parler au nom de certains principes, valeurs… qui font l'objet de controverses.
L'expression de revendications de légitimités par des personnes ordinaires mobilise d'autres fondements que la représentation, opère un déplacement entre l'intérêt général et l'élaboration du commun. En posant précisément la question « au nom de quoi ? », elle interpelle les normes et les positions, ébranle les fausses évidences. Mais elle rend aussi possible la construction de la légitimité non dans une posture de supériorité mais dans une situation assumée et partagée. Elles sont une des manifestations de la désinstitutionnalisation du politique, de son émergence dans des pratiques sociales « sans importance ».
 
 
 
 

 

 Abstract 

 
My paper deals with the effects  participation has on the conceptions of democracy and on the transformations of political legitimacy.
Following Hannah Arendt, Bolstanski and Thévenot, legitimacy is understood here as a right recognized to an individual (or a group) to take action and to speak in the name of certain principles or values which may be controversed.
Claiming for legitimacies by ordinary people refers to other arguments than political representation and produces a shift from the general interest to the building of a common. Adressing precisely this question "In the name of what", this claim challenges the normative positions and questions what seems to be obvious. But it allows as well to construct legitimacy from a perspective which is not a dominating one, but the one of a shared and endorsed situation.
Those claims for ordinary legitimacies show how politics is being desinstitutionalized and how it is developing in social practices that "do not matter".