Dictionnaire de la Participation

                                                                         

 

Il n’existe pas à l’heure actuelle un travail ou une recherche entièrement consacrés à l’analyse des mots de la participation et de leurs usages. Si la rhétorique participative est un sujet très traité, surtout dans les travaux dédiés aux nouvelles formes de participation et de la démocratie, la question des mots dont se nourrissent les acteurs et les théoriciens de la participation reste considérablement négligée. Rien que ce constat suffirait à reconnaître l’utilité d’un dictionnaire de la participation.  Cependant d’autres raisons pourraient motiver ce choix.

 

Faire surgir les termes du débat

Le nombre large et diversifié d’acteurs ainsi que les recherches autour de la participation ont donné lieu au fil des années à un débat consistant. Plusieurs courants de recherche se sont développés (p. et action publique, p. et mouvements sociaux ; p. et aménagement urbain, etc.). Cependant, on ne trouve pas de travaux traitant de la démocratie participative sous l'angle de l'argumentation et de la rhétorique qui s'y déploient, ou du vocabulaire de la participation. Cette situation contribue au flottement des catégories et des mots mobilisés dans le débat. D’où la nécessité de faire surgir clairement les termes (plus que de les mettre à plat), d’un côté pour les rendre plus accessibles et de l’autre coté parce qu’ils sont souvent utilisés par des disciplines ou des approches distinctes dans des sens différents, voire opposés (ex. « profane », « expertise », « échelle », etc.). Le dictionnaire vise donc un travail de « syntonisation » qui ferait émerger les termes de la participation, permettant d’ailleurs d’atteindre une meilleure symétrie dans le traitement de leurs usages par les divers acteurs, par exemple entre les théoriciens et les praticiens de la participation ou entre les experts et les citoyens engagés dans ce type de démarche.

 

Au-delà du  langage (en) commun

Le but d’un outil comme le Dictionnaire de la participation n’est pas de créer un langage partagé et accepté par tous, comme le déclarent certains dictionnaires, vu que tout langage évolue dans le temps et dans l’espace et qu’il dépend strictement du contexte (ou des contextes) du locuteur. Il s’agit plutôt de créer une accessibilité au débat et à sa pratique afin de stimuler une  sorte d’iségorie (égalité de parole et de sa qualité) dans l’agora de la participation.

 

Les mots de tous les jours... et ceux du dimanche

Pour ce faire, il faut d’abord s’arrêter sur les mots les plus récurrents de la participation, ceux qui sont utilisés par ses chercheurs comme par ses praticiens. Également, le dictionnaire aura intérêt à aborder aussi les termes les plus « difficiles » et/ou techniques sur lesquels les ambiguïtés sont plus nombreuses tout comme les risques d’incompréhension, tel que empowerment, gouvernance, etc. D’ailleurs, l’enjeu est aussi d’éclaircir les termes passe-partout pour en comprendre la fabrique du sens (ex. « développement durable »).

 

Ce n’est pas une question de jargon

Il ne s’agit pas, cependant, d’un glossaire normant un langage technique ni d’une revue du jargon de la participation car ce qui l’emporte c’est la question de l’usage des mots et sa dimension heuristique et parfois performative (ex. le verbe participer).

 

Le dictionnaire et sa consultation sont en cours d'élaboration