Des infrastructures de recherche au service des Digital Humanities

 
 
 
Depuis une dizaine d'années, le développement rapide d'Internet a radicalement modifié les modes d'accès aux publications scientifiques. Désormais, de nombreux travaux de recherche peuvent être consultés par un large public, hors des horaires d'ouverture et du cadre confiné de quelques bibliothèques spécialisées. On constate toutefois que cette profusion d'informations souffre régulièrement de l'absence d'une quelconque organisation, ce qui rend parfois pénible la traversée de la jungle documentaire. En effet, hébergées sur des sites dont les logiques de fonctionnement varient très nettement, les ressources disponibles n'ont pas toutes la même visibilité.
 

Des infrastructures de recherche au service des Digital Humanities

 
 
Pour tenter de faciliter la consultation en ligne des publications en sciences humaines et sociales, diverses initiatives ont été entreprises pour structurer le champ des "humanités numériques". A l'échelle communautaire, la politique en faveur des Digital Humanities a démarré en 2002 quand la Commission Européenne a créé l’European Strategy Forum For Research Infrastructures (ESFRI) pour réfléchir et proposer le design des infrastructures de recherche dont la recherche aurait besoin pour fonctionner dans les années à venir en Europe.  En SHS, trois grandes infrastructures de recherches (Dariah, Cessda et Clarin) ont alors été élaborées afin de créer les conditions de subsidiarité, de mutualisation et d’interopérabilité propres à traiter des données et des documents numériques multilingues émanant des différentes cultures du continent.
 
En France, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a initié fin 2008 quatre très grands équipements (TGE) au service des sciences humaines et sociales : Progedo (Réseau Quetelet) pour l’archivage et le traitement des données quantitatives, Corpus pour l’archivage et le traitement des données qualitatives, les BSN (Bibliothèques Scientifiques Numériques) pour la numérisation et la diffusion des recherches, et Adonis pour favoriser un accès unifié aux données.
 
L’objectif d’Adonis est de structurer et standardiser les modes de production et de diffusion des données en SHS, afin d'améliorer l'accessibilité et la préservation des données (hébergement, diffusion et archivage pérenne). En partenariat étroit avec le Centre pour l'édition électronique ouverte (CLEO) et les Centres de ressources numériques (cf. ci-dessous), le TGE Adonis s’emploie dans le même sens à promouvoir et valoriser l’édition électronique en SHS.
 
Les Centres de ressources numériques sont le centre national pour la numérisation des sources visuelles, pour le traitement de l’image fixe (CN2SV), le centre de traitement électronique des manuscrits et des archives, pour les sources manuscrites historiques (TELMA), les centres de ressources pour la description de l’oral (CRDO Paris et Aix), le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), le centre de méthodologies pour la modélisation de l’information spatiale appliquée aux SHS (M2ISA) et le conservatoire national des données 3D (Archeovision).
 
Enfin, dans la perspective d’un accès unifié aux données, le TGE a ouvert en Avril 2011 le méta-portail  Isidore : "Isidore est la première plateforme de cette ampleur à utiliser les méthodes et les techniques du web 3.0, la nouvelle extension du web aussi appelée web de données. Plus qu'un simple moteur de recherche, Isidore permet ainsi de rendre visibles, de diffuser et de relier entre elles les informations contenues dans les données numériques qu'il collecte sur des sources respectant les standards d'interopérabilité internationaux". L’objectif est de moissonner les métadonnées et les données structurées par les centres de ressources, les plateformes d'édition électronique, les sources de données numériques des MSH et des laboratoires. Grâce à la collaboration d'opérateurs qui ont été associés à la phase de lancement du portail, un million de documents est déjà disponible en ligne.
 
Ceux-ci proviennent de différents catalogues tels que celui du CLEO (OpenEdition : Revues.org ; Calenda ; Hypotheses.org), du Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSd : Archives ouvertes de publications HAL, de thèses TEL, et d'images MédiHAL, ainsi que les plateformes répertoriant des bases de données GBD et des travaux de colloques Sciencesconf.org), de Persée, de l'Institut de l'information scientifique et technique (INIST : BiblioSHS) et, bien évidemment, des centres de ressources numériques précédemment évoquées. Distincts de ce cadre institutionnel, d’autres bibliothèques en ligne (catalogues en accès payant, hébergement d’actes de colloque, initiatives de réseaux scientifiques, …) existent par ailleurs et sont –plus ou moins- mobilisables (cf. infographie).
 
 

Un outil spécifiquement dédié aux recherches sur la participation

 
 
Venant se rajouter à cette liste pléthorique de bases de données hébergeant des recherches en sciences humaines et sociales, le Répertoire des recherches présenté sur le site "Démocratie & Participation" a pour ambition d'agréger l'ensemble des travaux menés dans le monde francophone sur la question de la participation du public aux processus décisionnels. L'objectif est ainsi de mettre à disposition des chercheurs, doctorants et autres visiteurs du site un vaste choix de contenus scientifiques traitant des thématiques spécifiques du GIS D&P.
 
Partie intégrante du projet de "Bibliothèque" (où l'on retrouvera notamment un Dictionnaire critique des notions et usages des mots de la participation), le Répertoire a pour vocation de recenser et de référencer sur une même base de données les différents types de travaux qui ont été menés sur la démocratie participative. En fonction des disponibilités (et notamment des droits de publication), chaque entrée du répertoire donne accès à une notice dédiée qui peut comprendre :
  • un référencement bibliographique
  • un résumé
  • un plan ou sommaire
  • une ou plusieurs notes de lecture
  • un texte intégral en téléchargement
Contrairement à ce qui prévaut dans le cas d'un méta-portail comme Isidore, les notices présentes sur le Répertoire ne sont pas moissonnées de manière massive grâce à des procédés technologiques pointus. Relevant davantage de la cueillette manuelle, les données compilées dans cette plateforme sont soigneusement sélectionnées pour confectionner une base documentaire raisonnée, correspondant au mieux aux attentes des utilisateurs.
 
À l’image des différents laboratoires qui composent le GIS, le Répertoire se veut être le reflet de la variété des approches disciplinaires, méthodologiques et analytiques qui coexistent face à la question de la participation du public aux processus décisionnels. C'est pourquoi, faute de pouvoir approcher une quelconque exhaustivité internationale, le répertoire a pour objectif premier de se concentrer sur les travaux accessibles en français. Pour autant, une place importante sera quand même consacrée aux textes majeurs publiés dans d'autres langues.
 
Par ailleurs, la constitution de ce répertoire est amenée à se faire progressivement, en lien étroit avec les chercheurs et laboratoires associés au GIS. En effet, les visiteurs du site sont invités à s’impliquer activement dans le développement de cet outil collaboratif. Des modalités d’incitation ont donc tout lieu d’être inventées pour intéresser et enrôler les chercheurs dans la dynamique collaborative, en les mobilisant, en les encourageant à contribuer et en les y accompagnant.

Dans un premier temps, le Répertoire s'est structuré en se focalisant sur des travaux aisément accessibles (revues en ligne, actes des journées d’études du GIS 2009,…) pour mettre à l’épreuve l’infrastructure de la base de données. A l’issue de cette phase, quelques détails restent encore à ajuster mais l’essentiel est d'ores et déjà consultable ici.


Chaque référence renvoyant à une page spécifique, quatre filtres permettent actuellement aux utilisateurs de sélectionner ce à quoi ils veulent avoir accès en particulier. Il est ainsi possible de se limiter à une consultation des articles, des thèses ou des ouvrages ; de ne retenir que les références qui renvoient vers des notices où des résumés sont disponibles ; de restreindre sa recherche aux publications francophones ; ou de se concentrer sur un mot ou un nom en particulier.

Faisant l'objet d'une mise à jour régulière, au gré des contributions des visiteurs, de l’intégration des publications récentes et des thèses soutenues sur la question,  le Répertoire sera amené à se développer de manière importante au cours des prochains mois, afin de devenir (puis de rester) un référentiel pertinent à disposition des chercheurs et praticiens intéressés par les thématiques du GIS D&P.
 

 
 

Accès au
Répertoire des Recherches

 
 
(chantier en cours)