Édito

Depuis mi-mars, le Gis Démocratie et Participation s'est installé dans les nouveaux locaux de la Maison des Sciences de l'Homme Paris-Nord, au 20 avenue George Sand, 93210 La Plaine Saint-Denis.
Le Gis s'est également doté d'une équipe avec Lucie Anizon, chargée des relations avec les laboratoires associés au Gis, et Clément Mabi, post-doctorant sur les nouvelles formes de participation liées au monde numérique.
Les deux nouveaux salariés du Gis ont établi leurs quartiers dans les nouveaux locaux et assurent dans le bureau du Gis (bureau 217) une permanence, sinon quotidienne du moins régulière (01.55.93.93.45).
 
Pour inaugurer son nouveau bâtiment, la MSH Paris-Nord organise les 14, 15, 16 avril prochain le salon Dionys'Hum, premier salon de la valorisation de la recherche en sciences humaines et sociales en Seine-Saint-Denis. Les trois journées thématisées du salon Dionys'Hum mettront en avant le territoire de la Seine-Saint-Denis, la création et les savoirs :
  • mardi 14 avril : le rôle de la MSH Paris Nord dans son territoire,
  • mercredi 15 avril : la dimension créative des SHS,
  • jeudi 16 avril : la valorisation et la circulation des savoirs.

C’est l’occasion pour vous de venir visiter les nouveaux locaux, d’assister à des manifestations scientifiques, notamment des temps de présentation des activités du Gis, mais aussi les projets innovants et ateliers créatifs des axes de recherche et des autres structures hébergées par la MSH Paris Nord. C'est aussi un événement culturel important, avec deux expositions photos et trois soirées de spectacles et de concerts !

Le Gis présente le mercredi 15 avril dans l'espace Forum de Dionys'Hum-Édition et littérature :

  • de 10h à 10h30 : Participations, la revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté,
  • de 10h30 à 11h : Dicopart, le Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation.

Le Gis organise jeudi 16 avril dans l'auditorium de la MSH, de 9h30 à 10h30, une table ronde sur le thème des relations entre chercheur.e.s et acteur.e.s de la participation, pour prolonger les réflexions du Colloque des 29 et 30 janvier 2015, dont les Actes seront prochainement mis en ligne.

Participeront à la table ronde :

  • Sylvia Capanema, maître de conférences à l'Université Paris 13, Conseillère Déléguée à la Démocratie Locale de la Communauté d'agglomération Plaine Commune
  • Agnès Deboulet, professeure de sociologie à l'Université Paris 8
  • Judith Ferrando, présidente de l'Institut de la concertation
  • Jean-Michel Fourniau, directeur du Gis Démocratie et Participation

La table ronde sera animée par Clément Mabi, post-doctorant au Gis Démocratie et Participation

Quoi de neuf ?

Ouverte jusqu’au 15 mai, cette plate-forme vous donne la parole !

Conformément à l’annonce faite par le Président de la République à l’occasion de l’ouverture de la Conférence environnementale le 27 novembre dernier, la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a annoncé lors de la réunion du Conseil National de la Transition Écologique (CNTE) du 6 janvier que ce chantier serait l’occasion d’une réflexion en profondeur à laquelle le CNTE serait associé avec la création d’une Commission spécialisée. Celle-ci serait chargée de mener un travail de développement de la démocratie participative appliquée aux décisions impactant l’environnement, afin de renforcer la transparence et l’efficacité du débat public et l’association des citoyens aux décisions qui les concernent sans allonger les délais des procédures.

La Ministre a installé le 19 février 2015 la Commission spécialisée sur la démocratisation du dialogue environnemental et l’a chargée de préparer un ensemble de propositions applicables. La Commission est présidé par Alain Richard, ancien ministre et sénateur, qui présidait déjà la Commission spécialisée de modernisation du droit de l’environnement, assisté par Mme Laurence Monnoyer-Smith, Professeure à l’Université de Technologie de Compiègne et vice-présidente de la Commission nationale du débat public, et par M. Gérard Monédiaire, Professeur émérite à l’Université de Limoges, qui a présidé les travaux du groupe de travail sur la « participation du public » dans le cadre de la Commission de modernisation du droit de l’environnement. La Commission spécialisée est composée de représentants désignés par les membres du CNTE et s’est adjoint les compétences de plusieurs experts dont M. Loïc Blondiaux, Professeur de science politique à l’Université Paris I, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique de la Sorbonne et Président du conseil scientifique du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) « Participation du public, décision, démocratie participative » indique le communiqué de la ministre. Mme Marie-Line Meaux, Présidente de section au Conseil général de l’environnement et du Développement durable en sera rapporteure. La Commission doit remettre son rapport début mai 2015.

La commission auditionnera des acteurs de terrain (par exemple, le 14 mars, les acteurs des conflits territoriaux sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou le projet de barrage de Sivens) et fait appel directement aux citoyens pour recueillir leurs avis, leurs expériences et leurs suggestions. Le dialogue environnemental fait appel à la capacité collective de mieux comprendre les enjeux et de surmonter les oppositions « parce que la participation citoyenne est un facteur de cohésion qui dynamise notre démocratie et rend la République plus efficace ».

Une plate-forme est ouverte pour que chacun puisse s’y exprimer et contribuer ainsi à cette réforme importante.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Je-participe.html

Dans quelques semaines, seront proposées de nouvelles méthodes pour préparer les décisions publiques (des collectivités locales et de l’État) relatives à des projets concrets ayant un impact local ou plus large. Chacun est sollicité pour faire part de ses remarques et propositions sur la plate-forme, en 3 pages maximum. Toutes les contributions seront lues avec attention par la Commission. Si une idée lui paraît particulièrement féconde ou devoir être d’avantage précisée, elle prendra contact avec les proposants.

Un colloque pour débattre des propositions a lieu le 5 mai 2015.

Le point sur…

Les citoyens, protagonistes de la politique de la ville

 
 
Le 8 juillet 2013, la sociologue Marie-Hélène Bacqué et le responsable de l’association ACLeFeu Mohamed Mechmache ont remis au Ministre de la ville François Lamy leur rapport Pour une réforme radicale de la politique de la ville. Ce dernier est consacré à la citoyenneté et au pouvoir d'agir dans les quartiers populaires et est sous-titré par le mot d'ordre « Ça ne se fera plus sans nous ».
 
Télécharger le Rapport
 

Selon ses deux auteurs, qui ont rencontré environ 300 acteurs associatifs et ont mené une conférence citoyenne sur le sujet, les dispositifs classiques de participation citoyennes mis en place dans les vingt dernières années n'ont pas dépassé la communication ou la concertation autour de projets. Faire des habitants les acteurs du changement aurait été le « rendez-vous manqué » de la politique de la ville qui reste, pour les auteurs, imposé par le haut.

Ils proposent ainsi de refonder la politique de la ville sur des mots et des pratiques nouvelles : « l’empowerment à la française » — codécision, co-construction, pouvoir d'agir, pouvoir d’interpellation et d’action des citoyens — dont une autorité indépendante devrait gérer les fonds. Au niveau local, ils proposent des Tables de concertation rassemblant associations et collectifs, des plateformes associatives d’échanges de pratiques.

L’aspect le plus innovant est cependant la proposition d’intégrer au moins 50% d'habitants dans les instances de décision de la politiques de la ville (ANRU, Conseil national des villes, etc.).

Le rapport propose cinq orientations majeures (avec 26 propositions plus concrètes qui y sont reliées) en mesure de redessiner profondément la politique de la ville :

  • Appuyer le développement du pouvoir d’agir, les démarches d’empowerment ;
  • Mettre les citoyens au cœur des services publics ;
  • Démocratiser la politique de la ville ;
  • Changer l’image des quartiers ;
  • Accompagner un renversement de démarche par la formation et la co-formation.

Un nouvel impératif participatif semble ainsi ressortir de manière claire de ce rapport : « Ça ne se fera plus sans nous », comme le dit son sous-titre. Une invitation à concevoir le pouvoir d’action des citoyens comme la colonne vertébrale de la citoyenneté contemporaine.

Sur le même sujet :

Voir le reportage sur la constitution à Nantes le 6 & 7 septembre 2014 de la Coordination Nationale Pas sans nous : http://www.participation-et-democratie.fr/fr/content/pas-sans-nous

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