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La mise en débat de l'urbanisme à l’échelle métropolitaine

 
 
 
 
 
COMBE Lila (2009), "La mise en débat de l'urbanisme à l’échelle métropolitaine, vers un renouvellement de l’expertise ? Le cas du Conseil de développement du Grand Lyon", communication aux premières journées doctorales sur la participation du public et la démocratie participative, Ecole Normale Supérieure de Lyon, 27-28 novembre 2009.

 

 

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 Extrait

 
Introduction

Les années 1990 et 2000 se sont caractérisées par une institutionnalisation croissante de dispositifs participatifs associés à des territoires : agglomération et quartiers constituent les échelles privilégiées de cette territorialisation, qui succède à l’institutionnalisation de dispositifs plutôt liés à des procédures ou des projets. La loi SRU a, elle, promu le principe de démocratisation de la planification urbaine en étendant la portée de la participation aux SCOT et aux PLU. Ces deux phénomènes concomitants amènent à s’interroger sur les transformations contemporaines de l’expertise en urbanisme. Ce champ de réflexion et d’action sur la ville s’est en effet constitué, à la fin du XIXe siècle, à l’initiative de réformateurs sociaux, généralistes (Choay, 1965), militants (Claude, 2006) et autres ''amateurs éclairés'' (Saunier, 1997, p136) avant de se définir comme une spécialité dotée d’expertises propres tout au long du XXe siècle. Si on observe aujourd’hui un recours croissant à l’expertise dans les champs de l’aménagement et de l’urbanisme, force est de constater la diversité disciplinaire et statutaire de ces experts (Cadiou, 2004) qui n’en produisent pas moins des effets structurants sur l’orientation des politiques spatiales, notamment l’accent mis sur les objectifs de développement (Douillet, 2005), de compétitivité, de territorialisation…
Aujourd’hui cependant, l’expertise comme seule forme légitime de constitution des choix publics est, en urbanisme comme ailleurs, remise en cause, et la formalisation croissante de ''forums hybrides'' (Callon, Lacousmes, Barthes, 2001) témoigne de la reconnaissance d’une autre ''forme normale de l’accord public'' (Peroni, 1993) : celle de la délibération, du débat public.

Comment s’articulent aujourd’hui ces deux dimensions au sein des instances participatives métropolitaines en urbanisme ? Le débat entraine-t-il une recomposition de l’expertise, en confrontant aux approches techniques et professionnelles d’autres regards sur les choix de planification ? Constitue-t-il un véritable processus alternatif de production des choix publics, ou plutôt une nouvelle voie d’expression pour l’expertise existante ?

Nous allons traiter ces questions en nous appuyant sur l’analyse d’un dispositif participatif particulier, le Conseil de développement de l’agglomération lyonnaise créé au sein de la Communauté urbaine, qui traite de différents dossiers d'urbanisme. Après avoir examiné sa composition, qui mobilise des regards contrastés, nous verrons que le débat y prend essentiellement appui sur des acteurs dotés des ressources classiques de l’expertise, peinant à tirer profit de la diversité des points de vue présents.
 

 

Plan de l'article

 
I - La composition du Conseil de développement : institutionnaliser les traits de l'agglomération lyonnaise
Une composition largement laissée à l'appréciation du Grand Lyon
L’institutionnalisation de réseaux sociaux
-La mouvance issue du christianisme social
-La représentation des intérêts (économiques, salariaux)
-L'engagement et le militantisme de proximité
-La sphère de l'aménagement et de l'urbanisme
Institutionnaliser un réseau social pour un dialogue de long terme avec le Grand Lyon

II - Le recours à l’expertise au sein du Conseil de développement
La notion d’expertise : une perspective constructiviste
Le rapport ambigu du Conseil de développement à l'expertise

Conclusion