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Les dynamiques d’apprentissage collectif dans les débats publics sur des enjeux socioécologiques

 
 

BRIÈRE Laurence, Les dynamiques d’apprentissage collectif dans les débats publics sur des enjeux socioécologiques : Le cas de la controverse sur la reconstruction de l’échangeur Turcot à Montréal, thèse de doctorat de Sciences de l’environnement, Université du Québec à Montréal, 2016


 

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Résumé de la thèse

Les controverses socio-environnementales se déploient dans de multiples espaces politiques, notamment au sein des consultations publiques organisées par le gouvernement, des ateliers délibératifs coordonnés par les milieux universitaire et communautaire et des tribunes ouvertes par les médias. Ces espaces d’argumentation, de revendication, d’analyse et d’inventivité sont propices à l’apprentissage collectif. Or, si le champ théorique de l’apprentissage dans l’action sociale a fait l’objet d’intéressants développements depuis les années quatre-vingt-dix, on s’est toutefois très peu penché sur l’apprentissage collectif en situation de controverses socioécologiques et encore moins en examinant les interactions entre les divers types d’acteurs impliqués.

Cette recherche porte sur un débat public spécifique, celui qui s’est animé autour de la reconstruction de l’échangeur Turcot à Montréal, la plus importante infrastructure autoroutière du Canada. Ce cas a été choisi puisqu’il présente de nouvelles formes d’engagement citoyen, dont l’élaboration de propositions alternatives au projet du promoteur. L’intérêt pour ce débat public tient aussi du fait que toute l’inventivité qui y a été déployée et les savoirs qui y ont été co-construits se sont somme toute peu reflétés dans la décision finale du promoteur. À travers ce cas, il a été possible d’explorer à la fois des dynamiques citoyennes créatives, des apprentissages réalisés par une diversité d’acteurs et un ensemble d’enjeux traversant l’élaboration participative de solutions. La recherche met ainsi en valeur tout le travail citoyen réalisé, au-delà de l’issue de la délibération.

L’apprentissage dans l’action socio-environnementale est un processus complexe s’inscrivant à la fois dans le rapport à soi, aux autres et à l’environnement. À ces trois dimensions s’en ajoute une quatrième, qui est transversale aux trois interrelations précédentes : le rapport aux savoirs. Le cadre conceptuel et théorique de cette recherche est ainsi organisé de manière à explorer tour à tour : 1) la dimension introspective de l’apprentissage; 2) sa dimension collective, vécue à travers la délibération; 3) l’écocitoyenneté comme forme particulière de rapport au milieu et 4) les enjeux épistémologiques de la mobilisation de savoirs en contexte de controverse socioécologique. Des apports des champs de la science politique, de la sociologie et de l’éducation ont été intégrés de manière transdiciplinaire au tissage de cette matrice théorique inédite.

Cette recherche critique s’inscrit dans une perspective interprétative; elle porte une attention particulière aux significations que des acteurs ont développées à travers leur engagement au sein du débat public. L’étude de cas est la stratégie méthodologique principale adoptée et son développement s’est inspiré de trois approches complémentaires, soit la phénoménologie, l’ethnographie et la théorisation enracinée. Un devis méthodologique de type qualitatif a été élaboré, facilitant une compréhension globale et en profondeur du contexte et des dynamiques où évoluait une diversité d’acteurs. La collecte de données a été réalisée par observation non participante, recherche documentaire et entretiens semi-dirigés individuels et de groupe. Les données ainsi obtenues ont été examinées au moyen de deux stratégies principales, soit le questionnement analytique et l’analyse conceptualisante.

Cette thèse met au jour l’apport des dynamiques délibératives étudiées quant à : 1) la compréhension des réalités écosociales en jeu, 2) l’élaboration de solutions aux problèmes discutés, 3) la construction du sens de l’engagement politique et 4) l’acquisition de compétences écocitoyennes transférables à d’autres situations de participation politique. Des indices de transformations personnelles et sociales attribuables à une participation engagée dans le débat y sont aussi exposés. Enfin, cette thèse propose des pistes pour faciliter la construction participative de solutions au sein d’instances de consultation publique.


Thèse soutenue à l’Université du Québec à Montréal, Département de didactique, le 28 avril 2016, devant le jury suivant

Membres du Jury :

Paul CARR, professeur au Département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec en Outaouais

Isabel ORELLANA, professeure au département de didactique de l'Université du Québec à Montréal

Lucie SAUVÉ, professeure au Département de didactique de l'Université du Québec à Montréal, directrice de thèse

Carine VILLEMAGNE, professeure agrégée à la Faculté de l'éducation de l'Université de Sherbrooke


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