Éditions Textuel, Collection Petite encyclopédie critique, 2018

160 p.

15,90€

 

Présentation

« Partout des femmes et des hommes se réunissent et s’organisent pour s’opposer à une décharge, une ligne à grande vitesse, une autoroute, un parking, un supermarché. Cet ouvrage souligne les liens qui existent entre ces résistances a priori disparates menées contre de petits ou de grands projets d’aménagement. Car les mouvements d’opposition peuvent être porteurs d’une force transformatrice sur les plans à la fois social, cognitif, affectif et… politique. C’est par le lien au territoire menacé qu’émerge une conscience citoyenne : ces lieux dont on se souvient, que l’on aime, où l’on habite, ces lieux revivent et créent de nouvelles identités individuelles et collectives.

À travers de multiples associations, leurs membres vont à la recherche d’informations et deviennent peu à peu des experts du côté tant technique, juridique, qu’écologique. Ils passent alors à l’offensive, ce qui rappelle la force du petit, du territoire en tant qu’élément rassembleur et vecteur de repolitisation. La belle notion de « gouvernance participative » censée inclure les acteurs locaux dans le processus décisionnel n’a pas tenu ses promesses ; au contraire, elle s’est révélée génératrice d’exclusion et de violence. Pouvoirs publics en question, société civile en pointe, la résistance aux grands projets d’aménagement expose crûment l’inadéquation de nos institutions pour gérer des différends proprement politiques, particulièrement sur les enjeux environnementaux.

À partir d’immersions sur plusieurs terrains de luttes d’une part, et d’analyses de la littérature d’autre part, les auteurs démontrent que, derrière l’apparence des enjeux locaux, de nombreux conflits s’articulent en fait autour de choix de société et de conceptions divergentes, voire irréconciliables, de l’intérêt général. »
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Cet ouvrage vient combler un manque : expliquer les enjeux de chacune des luttes de résistance aux GP2I (Grands Projets Inutiles Imposés) et souligner combien celles-ci sont porteuses d’une même utopie.

Citons le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires (Bure), la construction d’un barrage (Sivens), d’un centre commercial (Europa City), d’une ligne à grande vitesse (Val de Suse), d’une ferme industrielle (Mille Vaches) ou encore l’évacuation de la zone occupée à Notre-dame-des-Landes.

En surplomb des zooms sur chacune de ces luttes, les auteurs soulignent leur convergence dans un mouvement commun. Car derrière l’apparence d’enjeux locaux et disparates, se dessine bien un seul et même mouvement, porteur d’un projet de société, démocratique, écologique, sobre et solidaire. L’occupation de ces zones à défendre (ZAD) est une opposition frontale à la quête effrénée de profit et de prestige à laquelle se livrent l’État et certaines grandes entreprises via l’aménagement du territoire.

Cet ouvrage à l’ambition scientifique interdisciplinaire alliant le point de vue d’un sociologue, d’un économiste, d’un urbaniste et d’un géographe, montre comment c’est bien une politisation du territoire qu’opèrent les zadistes en refusant d’abandonner le territoire aux entreprises du CAC40 (qui en font un capital à exploiter), aux technocrates de l’État (qui en font un espace neutre à aménager) et aux traditionalistes de droite (qui en font une forteresse à préserver).

Entre les mains de ces empêcheurs d’aménager en rond, le territoire devient un lieu d’expérimentations utopiques !

source : http://anneetarnaud.com