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Les primaires ouvertes en France

 
 

 

Les primaires ouvertes en France
Adoption, codification, mobilisation

Rémi Lefebvre et Éric Treille (dir.)

Presses Universitaires Rennes
Collection Res Publica

2016

320 p.

24 €

 

Présentation de l’éditeur

En s’imposant d’abord en 2006 sous une forme « fermée », puis dans un cadre résolument « ouvert » en 2011, la procédure des primaires n’a pas seulement désigné pour le PS une nouvelle profession de foi démocratique. En déplaçant près de 3 millions de sympathisants socialistes, elle a également inventé un système inédit de sélection des candidats qui irrigue désormais l’ensemble de la vie politique française. Longtemps considérées comme contraires à la culture politique hexagonale et à l’esprit des institutions de la Ve République, les primaires sont aujourd’hui érigées en modèle de participation par les partis politiques, d’EELV à LR.

Ce sont les enseignements des recherches proposées par cet ouvrage : la machinerie partisane et l’ingénierie électorale qui donnent le visage des primaires représentent plus qu’une solution procédurale choisie par des forma- tions politiques en crise de leadership. Elles résultent aussi de l’adaptation de la pratique américaine à la culture française d’un fait majoritaire fragilisé depuis 2002 par l’émergence de la tripartition de l’espace politique. Par la rapidité et l’ampleur de leur transposition, elles consacrent également une offre militante, une pratique civique, un rituel de légitimation, un défi logistique et une mise en récit de la vie partisane qui encadrent de manière nouvelle les façons d’élire et de se faire élire.

Le choix des primaires ne saurait cependant se lire comme le simple résultat d’une adaptation mécanique d’un système d’investiture étranger. La perte du monopole de la désignation de leur candidat n’a été concédée par les élites et les adhérents de ces organisations qu’au prix de la conservation de la maîtrise des règles du jeu partisan. Les primaires constituent bien en cela un mode de régulation de la concurrence par-delà leur caractère démocratique.

L’objectif de cet ouvrage collectif est de revenir sur les processus qui ont conduit à l’adoption – de la pression réformiste à la délégitimation des modes de sélection traditionnels –, à l’organisation du scrutin – de la dimension matérielle du vote aux impacts médiatiques de la campagne – et la diffusion de la procédure au niveau local – de la contagion mimétique aux limites des effets d’entraînement dans les territoires – de cette nouvelle technologie de désignation des candidats en France.

Sommaire

Rémi Lefebvre et Éric Treille, « Introduction -Vers une primarisation de la vie politique française ? »

Première partie - Adoption et règles du jeu

  • Éric Treille, « La fabrication partisane des primaires socialistes ou la codification d’une nouvelle règle du jeu électoral »
  • Rémi Lefebvre, « Les primaires à droite. Processus d’adoption et transformations du jeu partisan »
  • Vanessa Jérome, « Des primaires pour (ré)unir les écologistes ? Interrogations à partir d’une histoire raisonnée des candidatures des Verts-EELV »

Deuxième partie - La mobilisation des primaires

  • Romain Rambaud, « Le financement de la vie politique et les primaires ouvertes en France »
  • Éric Treille, « La démocratie partisane en débats. La communication des primaires socialistes entre campagne à l’ancienne et modernité cathodique »
  • Rafaël Cos, « Le projet socialiste (dés)saisi par les primaires. Procédures « rénovatrices »
  • Rémi Lefebvre et Éric Treille, « Les sympathisants de gauche dans les primaires. Une nouvelle offre de militance entre cible de conquête de suffrages et levier de mobilisation électorale »
  • Anaïs Theviot, « Les primaires : terrain d’expérimentation de l’innovation politique ? Le cas de la campagne d’A. Juppé en 2016 : une mobilisation “scientifique” orchestrée par les data »

Troisième partie - Sociologie électorale des primaires et approches locales

  • Laurent Olivier, « La territorialisation des primaires socialistes en Meurthe-et-Moselle. Appropriations locales et traces temporelles d’une procédure nationale »
  • Julien Audemard et David Gouard, « Des primaires d’octobre 2011 à l’élection présidentielle d’avril-mai 2012 : les dynamiques sociologiques de la mobilisation électorale à gauche »
  • Pierre Mongaux, « Rassembler “le peuple de gauche” : le rendez-vous manqué de la primaire socialiste de 2011
  • Rémi Lefebvre, « Les primaires domestiquées. Les élections municipales de 2014 »

Christian Le Bart, « Épilogue. Primaires ouvertes, déclin des partis,  et individualisation du champ politique

Auteurs et appartenances institutionnelles

Julien Audemard est docteur en science politique, chercheur associé au CEPEL (UMR 5112). Ses recherches portent sur la politisation des relations au sein des groupes de pairs et l’analyse contextuelle des votes. Il a soutenu, en 2013, une thèse intitulée Influences interpersonnelles. Comment le contexte structure les opinions et les votes.

Rafaël Cos est doctorant en science politique au CERAPS/Lille 2. Ses travaux s’inscrivent dans le cadre d’une sociologie des idées partisanes. Ils portent enparticulier sur les logiques de production de l’offre programmatique du Parti socialiste.

David Gouard est docteur en science politique, PRCE à l’université de Montpellier et membre du CEPEL (UMR 5112). Ses principales recherches portent sur l’évolution des comportements électoraux dans les municipalités communistes. Parmi ses dernières publications : La Banlieue rouge. Ceux qui restent et ce qui change, Lormont, Le Bord de l’eau, 2014.

Vanessa Jérome est politiste, post-doctorante au LabEx Tepsis-EHESS/CESSP, chargée de cours à l’université de Picardie Jules Verne. Auteure de la thèse Militants de l’autrement. Sociologie politique de l’engagement et des carrières militantes chez Les Verts-EELV, (2014). Elle a notamment publié « Les liaisons (in)fructueuses. Effets différenciés des conjugalités et des sexualités sur la professionnalisation politique des militants verts », Politix, n° 3, vol. 107, 2014, p. 143-160. Ses recherches portent actuellement sur la socialisation et la professionnalisation politique des Jeunes écologistes.

Christian Le Bart est professeur de science politique à l’IEP de Rennes et chercheur au CRAPE-Arènes-CNRS. Il a publié récemment : La Politique en librairie (A. Colin, 2011), L’Égo-politique : essai sur l’individualisation du champ politique (A. Colin, 2012).

Rémi Lefebvre est professeur de science politique, Université Lille 2. Il a récemment publié avec Sylvain Lavelle et Martine Revel (dir.), Critiques du dialogue. Discussion, traduction, participation (Presses du septentrion, 2016).

Pierre Mongaux est doctorant en science politique et ATER à l’université de Picardie. Il est membre du Curapp-ESS. Sa thèse en préparation porte sur le gouvernement local et l’organisation fédérale des partis politiques.

Laurent Olivier est maitre de conférences de science politique à l’université de Lorraine (IRENEE). Ses travaux portent sur la sociologie des partis politiques, notamment les nouveaux processus de légitimation partisans, en particulier les primaires. Il a publié : « Gouverner dans un parti par les instruments : quelles procédures de démocratie ou de participation interne dans la SFIO sous la IVeRépublique, le cas de la fédération du Nord », in François Audigier, David Colon, Frédéric Fogacci (dir.), Les Partis politiques Nouveaux regards. Une contribution au renouvellement de l’histoire politique, collection « France contemporaine», Bruxelles, 2012.

Romain Rambaud est professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes, membres du Centre de recherches juridiques (EA 1965). Spécialiste de droit électoral, il est le responsable scientifique de la rubrique « droit électoral » de la revue Actualité Juridique du Droit Administratif (AJDA) et coordonne un blog spécialisé sur ces questions (http://droitelectoral.blog.lemonde.fr). Il est l’auteur d’un ouvrage sur le droit des sondages électoraux (2012) et de très nombreux articles dans le domaine (AJDA, RFDA, etc.). Il prépare actuellement un ouvrage sur le droit de la propagande électorale.

Anaïs Theviot est docteure en science politique, rattachée au Centre E. Durkheim à Bordeaux, son travail de recherche développe une perspective sociologique du web politique. Elle a publié notamment « Des sites de campagne “masculins” ? Analyse comparative de l’expression en ligne des masculinités de F. Hollande et N. Sarkozy », Revue Française des Sciences de l’Information et de la Communication, 4, 2014 [en ligne] et «Qui milite sur Internet ? Esquisse du profil sociologique du “cyber-militant” au PS et à l’UMP », Revue française de science politique, vol. 63, n° 3-4, 2013, p. 663-678.

Éric Treille est chercheur associé au CRAPE-Arènes. Ses travaux de recherche portent sur la démocratie partisane, la communication politique et le financement de la vie publique. Il a notamment publié « Primary colors. L’élection présidentielle à l’épreuve des primaires socialistes », in Maarek P. (dir.), La Communication politique des Présidentielles de 2012 : premières analyses, Paris, L’Harmattan, 2013 et avec Thierry Barboni, « L’engagement 2.0. Les nouveaux liens militants au sein de l’e-Parti Socialiste », Revue française de science politique, vol. 60, n° 6, décembre2010.

Programme de recherche et institutions partenaires

Longtemps considérées comme contraires à la culture politique hexagonale et à l’esprit des institutions de la Ve République, les primaires sont aujourd’hui érigées en modèle de participation par des partis politiques. Mais la perte du monopole de la désignation de leur candidat n’a été concédée par les élites et les adhérents de ces organisations qu’au prix de la conservation de la maîtrise des règles du jeu partisan. Les primaires constituent bien en cela un mode de régulation de la concurrence par-delà leur caractère démocratique.

Avec le soutien de l’université Rennes 1, du CERAPS et de l’université Lille 2.

Références bibliographiques ou publications associées

Rémi Lefebvre et Éric Treille (dir.), Les primaires ouvertes en France. Adoption, codification, mobilisation, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, « Res Publica », 2016.

Date de publication ou de début de la recherche
28 octobre 2016