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La lutte politique des étudiants

La lutte politique des étudiants

Julie Le Mazier, La Vie des idées, 8 mai 2018, ISSN : 2105-3030

Le blocage des universités est accusé de n’être qu’un désordre public, organisé par des militants rompus à l’exercice. J. Le Mazier montre pourquoi ce jugement ne reflète pas ce qui se passe sur les campus.

Le printemps 2018 voit monter la contestation de la loi « relative à l’orientation et à la réussite des étudiants » (ORE), accusée d’instaurer la sélection à l’entrée de l’université, et d’une série de réformes corrélées, du lycée, du baccaluaréat et de la licence, qui multiplient les parcours « à la carte » et risquent d’aggraver la ségrégation sociale entre les filières. Des personnels des universités refusent de classer les élèves qui ont candidaté sur la plateforme Parcoursup, font la grève des cours et des examens. Des étudiants réactivent quant à eux des modes d’action déjà utilisés ces dernières décennies : assemblées générales (AG), grèves avec piquets, blocages, voire occupation de locaux.

Une lutte de ce type se joue aussi sur un plan symbolique, les acteurs mobilisés et leurs cibles — gouvernement et présidences d’université — s’employant à légitimer leurs propres manières de procéder et à disqualifier celles de l’adversaire. Les échanges de coups se font aussi au niveau des discours et des représentations : il en va ainsi des qualificatifs d’« agitateurs professionnels » et de « professionnels du désordre » utilisés par le président de la République pour désigner les occupants des universités1. Qui sont les étudiants mobilisés, que font-ils et que fait-on dire à leurs modes d’action2 ?

lire la suite sur le site de La Vie des idées : http://www.laviedesidees.fr/La-lutte-politique-des-etudiants.html
Notes
  • 1. Emmanuel Macron, entretien accordé à TF1 le 12 avril 2018 ; entretien accordé à BFMTV et Mediapart le 15 avril 2018.
  • 2. On s’appuie ici sur les résultats d’une recherche doctorale : Julie Le Mazier, « Pas de mouvement sans AG » : les conditions d’appropriation de l’assemblée générale dans les mobilisations étudiantes en France (2006-2010). Contribution à l’étude des répertoires contestataires, Thèse pour le Doctorat de Science politique, Université Paris 1, 2015. Lire le résumé à http://www.participation-et-democratie.fr/fr/node/2394