La démocratie participative a-t-elle un sexe?

Sommaire du n° 2/2015 paru en septembre 2015

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Dossier

La démocratie participative a-t-elle un sexe ?

Dossier coordonné par Loïc Blondiaux, Marion Paoletti et Sandrine Rui

 

Marion Paoletti et Sandrine Rui, "Introduction. La démocratie participative a-t-elle un sexe?"

Jone Martínez Palacios, Igor Ahedo Gurrutxaga, Alicia Suso Menzada, Zuriñe Rodriguez Lara, "La participation entravée des femmes. Le cas des processus d’innovation démocratique au Pays basque"

Yves Raibaud, "La participation des citoyens au projet urbain : une affaire d’hommes !"

David Smadja, "Politiques de l’éthique : hégémonie médicale et pratiques de décodage des acteurs subalternes. Une observation ethnographique d’un dispositif participatif pilote de réflexion éthique"

Coralie Le Caroff, "Le genre et la prise de parole politique sur Facebook"

Marie-Hélène Sa Vilas Boas, "Politiser les « différences » : les rapports sociaux en débat au sein des conférences municipales des femmes de Recife"

Marie Saiget, "Regrouper et séparer : la participation des femmes comme mode d’empowerment en contexte d’après-guerre"

Isabelle Giraud, "La participation des femmes au niveau supranational : une citoyenneté « genrée »"

Varia

Karine Lamarche, "Quand les occupants défilent avec les occupés. Étude d’une coopération paradoxale entre militants israéliens et palestiniens"
 

Lecture critique

Habibou Fofana, "« L’espace public » : un concept opératoire en contexte africain ?"

 


Présentation du numéro

Ce numéro de Participations se demande dans quelle mesure la démocratie participative est genrée. Il cherche à voir comment les femmes et les hommes, ensemble ou séparément, prennent part, s’expriment, interviennent, sont entendu.e.s, dans les dispositifs participatifs contemporains. Les exclues historiques de la démocratie représentative et de l’espace public trouvent-elles aujourd’hui leur place, leur voie, dans les dispositifs découlant de l’impératif participatif ? Les monopolisateurs historiques de ce même espace public tendent-ils à reconnaître des voix éventuellement différentes ? La mixité de la démocratie participative permet-elle, si ce n’est un dépassement et une neutralisation du genre et des assignations sexuées, du moins une égale expression et prise en compte des préoccupations de tou.te.s ? Élargit-elle les thèmes portés dans les arènes de la démocratie participative et grandit-elle leur dignité ? C’est à cet ensemble de questions que s’attachent à répondre, à partir le plus souvent d’observations ethnographiques et d’entretiens avec les participant.e.s, les textes de ce dossier. Ces derniers couvrent un champ participatif large et varié, d’ici et d’ailleurs, du niveau local au niveau transnational. Sont ainsi pris en compte tout à la fois des dispositifs désormais assez routinisés (comme des démarches participatives à l’échelle communale en Espagne, un dispositif de consultation relative aux mobilités sur le territoire d’une métropole française) et des dispositifs moins étudiés : un comité de réflexion éthique dans un hôpital ou encore, un espace de prise de parole en ligne sur la politique. Sont également examinés des dispositifs participatifs non mixtes, ici spécifiquement réservés aux femmes, au Brésil ou au Burundi dans un contexte d’après-guerre, ou encore dans le domaine des relations internationales, avec la participation de mouvements transnationaux de femmes aux pratiques politiques de représentation au sein de l’ONU.