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La Démocratie des émotions

 

 

 

 

La Démocratie des émotions

Loïc Blondiaux, Christophe Traïni (dir.)

Presses de Sciences Po, 2018

248 p.

21 €

 

 

 

Présentation de l'éditeur

En Inde, le jan sunwai orchestre des règlements de comptes entre fonctionnaires et victimes de l'administration devant un public qui rit, applaudit ou hue. À Grenoble et à Charleroi, les Parlons-en invitent les sans-abris à discuter de leurs difficultés avec leurs concitoyens. Au Chili, la Table de consensus offre aux peuples indigènes spoliés la possibilité de s'épancher auprès des agents du gouvernement… Les pratiques de démocratie participative qui se multiplient à travers le monde afin d’associer les citoyens à la décision sont de hauts lieux d’expression des émotions.

Curieusement, la science politique s’est peu intéressée à cette dimension, la considérant comme résiduelle. Pour combler cette lacune, les auteurs ont choisi de révéler son rôle essentiel au sein des conseils de quartier, dialogues citoyens et autres jurys d’assises, ainsi que les interactions constantes entre affects et rationalité. Les cas empiriques qu’ils présentent montrent également que, proscrites ou prescrites selon les effets politiques escomptés, les émotions sont fortement normées dans ces nouvelles arènes de la démocratie, qui doivent bien plus à la volonté des experts de l’ingénierie participative qu’aux élans affectifs spontanés.

Sommaire

Introduction – Les émotions, angle mort et dimension essentielle de la participation politique 
Loïc Blondiaux et Christophe Traïni

Première partie : Démocratie émotive, démocratie inclusive ?

Chapitre 1 – Modulation des émotions et médiation en faveur des exclus : une audience publique à Delhi 
Stéphanie Tawa Lama-Rewal

Chapitre 2 – Le Parlons-en comme espace de circulation 
Laure Brayer et Anthony Pecqueux

Chapitre 3 – Émotions, délibération et pouvoir d'agir. Les assemblées des Indignés à Madrid 
Héloïse Nez

Deuxième partie : Le façonnage institutionnel des sensibilités citoyennes

Chapitre 4 – L’instruction des émotions. Le jury populaire dans l’institution judiciaire 
Célia Gissinger-Bosse

Chapitre 5 – L’institutionnalisation de la sensibilité indigène. La participation des autochtones au Chili 
Matilde Spoerer

Troisième partie : Ingénierie participative et maîtrise des émotions

Chapitre 6 – Composer avec les affects en enquête publique. Le travail émotionnel dans les conflits autour de projets éoliens terrestres en France 
Stéphanie Dechézelles

Chapitre 7 – Gérer les émotions en amont des dispositifs participatifs. Surfrider Foundation Europe et ses Gardiens de la côte 
Julien Weisbein

Chapitre 8 – L’expression et la gestion des émotions dans les projets urbains. Les dispositifs participatifs à l’épreuve des affects 
Benoît Feildel et Jérôme Le Jeloux

 

Auteurs et appartenances institutionnelles

Loïc Blondiaux est professeur de science politique à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP, EHESS-Paris-1-CNRS). Ses recherches portent sur la participation citoyenne et les innovations démocratiques. Il dirige la revue Participations. Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté.

Christophe Traïni est professeur de science politique à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. Ses recherches portent sur les dimensions émotionnelles des engagements militants et des mobilisations collectives.

Laure Brayer est architecte, attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Grenoble Alpes (UFR Institut d’urbanisme et de géographie alpine et UFR Physique, ingénierie, terre, environnement, mécanique), et chercheure au Centre de recherche sur l’espace sonore et d’environnement urbain (UMR AAU-CRESSON, Université Grenoble Alpes-CNRS-ENSA Grenoble). Ses recherches portent sur les formes matérielles et immatérielles constitutives des situations urbaines contemporaines, notamment leurs transformations, leurs représentations et leurs partages.

Stéphanie Dechézelles est maîtresse de conférences en sciences politiques à l’IEP d’Aix-en-provence et chercheure au CHERPA et associée au LAMES. Ses travaux s’inscrivent dans la sociologie de l’engagement, en particulier en faveur de causes faisant l’objet de disqualifications. Elle a d’abord étudié les ressorts du militantisme chez les jeunes dans les droites italiennes, et se consacre désormais aux mobilisations hostiles aux énergies dites renouvelables.

Benoît Feildel est maître de conférences à de l’Université Rennes-2 et chercheur au laboratoire Espaces et Sociétés (ESO, UMR CNRS). Ses recherches portent sur la dimension affective du rapport des habitants à leurs espaces de vie, qu’il étudie notamment dans le cadre des projets d’aménagement urbain.

Célia Gissinger-Bosse est docteure en sciences de l’information et de la communication. Diplômée d’État en médiation familiale, elle est actuellement cadre pédagogique en travail social à Strasbourg. Ses recherches portent sur les dispositifs participatifs, la démocratie et la citoyenneté, la sociologie de la justice, le conflit et les médiations.

Jérôme Le Jéloux est chargé de développement urbain au sein de la Direction territoriale d’aménagement Nantes ouest de Nantes Métropole. Il a conduit la démarche « Plan paysage et patrimoine » sur deux quartiers nantais.

Héloïse Nez est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Tours et chercheure au sein de l’unité mixte de recherche CITERES (Cités, Territoires, Environnement et Sociétés). Ses recherches portent sur les savoirs citoyens, la démocratie participative et les mouvements sociaux en France et en Espagne.

Anthony Pecqueux est chargé de recherche au CNRS (AAU-CRESSON, Université Grenoble Alpes-CNRS-ENSA Grenoble). Ses recherches s’attachent à développer une ethnographie de la perception, à partir d’une approche écologique, sensible des expériences urbaines. Il est corédacteur en chef de Tracés. Revue de sciences humaines.

Matilde Spoerer est doctorante en science politique au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP-CRPS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) sous la direction de Loïc Blondiaux. Ses recherches portent sur la participation citoyenne et les procédures de consultation des peuples autochtones au Chili.

Stéphanie Tawa Lama-Rewal est chargée de recherche au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CNRS-EHESS). Ses travaux portent sur la démocratie indienne, et particulièrement sur les relations entre participation et représentation politiques dans ce pays.

Julien Weisbein est maître de conférences à Sciences Po Toulouse et chercheur au Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP). Il travaille actuellement sur les rapports ordinaires aux risques environnementaux, notamment dans le domaine maritime.

Programme de recherche et institutions partenaires
L’ouvrage est issu du colloque coorganisé par le Gis Démocratie et Participation, le CESSP et le CHERPA les 16 et 17 Juin 2016 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne :

La démocratie participative : refoulement ou formalisation des émotions ?

Voir l’appel à contribution et le programme.

Références bibliographiques ou publications associées
Loïc Blondiaux, Christophe Traïni (dir.), La Démocratie des émotions, Paris, Presses de SciencesPo, 2018.
Date de publication ou de début de la recherche
29 mars 2018