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Les transformations de l’expression scientifique dans l’Espace Public

 
 
 
 
 
BODIN Cyrille (2009), "Les transformations de l’expression scientifique dans l’Espace Public : Les pratiques info-communicationnelles des acteurs de la recherche dans le cas du développement des nano-technologies", communication aux premières journées doctorales sur la participation du public et la démocratie participative, Ecole Normale Supérieure de Lyon, 27-28 novembre 2009.

 



 

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Extrait de l'article

 
Introduction
 
On observe ces trente dernières années la montée de procédures plus ou moins institutionnalisées de normes de publicisation dites participatives, dans une grande variété de thématiques concernant à la fois les domaines politique et le scientifique. Pour le seul exemple thématique des nanotechnologies, le développement de ces nouvelles pratiques démocratiques est observable dans au moins une dizaine de pays européens (plus 17 événements à l’échelle administrative de l'UE), aux USA, en Australie, en Nouvelle Zélande et Amérique Latine (Kaufmann, 2008). Conjointement à ce premier constat, on observe une multiplication des recherches en sciences humaines et sociales à la fois sur la notion de participation, mais également sur les problématiques dites « science technique société » laissant a priori supposer un développement des pratiques autoréflexives dans la communauté scientifique et dans ses collectifs de recherche.

Historiquement, au croisement des notions de science et de société, de nombreux auteurs observent, principalement dans la lignée de l’Ecole de Francfort, une complexification de ces rapports dans l’intensification, l’extension et la diversification des formes d’interventions des acteurs de la recherche dans l’Espace Public. Ainsi, au modèle traditionnel de la vulgarisation se sont adjoints successivement au cours de l’histoire récente ceux de l’animation culturelle scientifique (Fayard, 1988), puis de la participation d’acteurs de la société civile aux débats à thématique scientifique, dit également modèle dialogique (Habermas, 1968). Dès lors, nous supposons que l’élargissement des formes de publicisation à thématique scientifique permet d’un point de vue théorique une diversification des prises de position de la part de ses acteurs, en fonction d’intérêts stratégiques faisant varier fortement les normes et représentations de l’Espace Public. D’autre part, nous pouvons opérer une mise en corrélation théorique de ces modèles de communication des acteurs scientifiques sur le plan politique. Ainsi, si pour le modèle de la vulgarisation l’objectif annoncé reste l’instruction des citoyens à travers une conception de la communication largement linéaire et diffusionniste, qui définit l’acteur scientifique dans une posture phatique dominante ; le modèle dialogique viserait quant à lui une prise de position active des acteurs de la société civile aux décisions publiques en s’appuyant sur une définition de la communication circulaire, basée sur la co-construction de sens et sur l’épistémologie constructiviste. S’effaceraient alors progressivement entre ces modèles de communication des acteurs scientifiques dans la sphère publique les limites préétablies entre science, culture et politique ; les frontières normatives entre communication politique et communication subpolitique (Beck, 1986) ; le fossé théorique entre objectivité et subjectivité. De cette manière, si certaines prises de position publiques des acteurs de la recherche peuvent s’insérer et favoriser la continuation ou la transformation des systèmes politiques actuels, la problématique de notre thèse porte sur la question d’une continuité ou d’une rupture sur le plan des pratiques empiriques de ces acteurs dans les champs élargis de la publicisation scientifique.
 

Plan de l'article


L’acteur scientifique dans l’Espace Public : cadre théorique
  • L’Espace Public
  • Les notions de science et de démocratie
  • Les normes de scientificité
Les normes, pratiques et savoirs des acteurs scientifiques dans l’Espace Public
  • Hypothèses
  • Une double entrée empirique : la pratique de la publicisation scientifique et la thématique des nanotechnologies
  • Premiers résultats
Conclusion